Il
est près de midi trente. Nous sommes à nouveau sur le quai
d'embarquement de Los Angeles Airport. Nous avons très mal dormi.
Notre horloge biologique est en train de subir un sacré coup de
pompe et le passage vers l'est n'arrange rien.
Mai
est très lasse et nos deux cafés du matin semblent nous endormir
plutôt que nous réveiller. Le préposé affecté aux passeports
nous regarde d'un œil suspicieux. A sa place, je le serais tout
autant. Deux passagers arrivés de la veille de Manille après quinze
heures de vol qui repartent le lendemain vers Hong-Kong pour une
nouvelle révolution de quinze heures...moi, je trouverais ça
louche...que sont-ils donc venus faire à L.A ?...
Personnellement, je dirais ...que sont-ils venus faire dans cette
galère ?.......car galère, il y a.
Notre
but était de regagner Manille et prendre la correspondance pour
Bangkok mais tous les vols affichaient complets. Rien n'était prévu
avant le surlendemain.
Rester
à L.A durant deux jours était bien tentant mais au timbre de sa
voix, Chris semblait avoir un problème...il ne fallait donc pas
s'éterniser en chemin. Le seul vol disponible qui restait de la
journée était Hong-Kong. J'ai donc téléphoné à Anderson que
nous arriverions à HK le lendemain pour qu'il vienne nous chercher à
l'aéroport Kai Tak.
Quant
à la suite du voyage, j'ai bien une petite idée qui va nous faire
gagner cinq à six heures. Mon plan ne devrait comporter aucun grain
de sable dans les rouages mais il y a les impondérables et depuis
que nous circulons dans le sud-est asiatique, nous avons eu notre lot
de surprises. Certaines se sont révélées favorables mais d'autres
l'ont été beaucoup moins.
Nous
avons réussi à dormir dans l'avion. J'en ai tiré un certain avantage. J'en suis moins sûr pour Mai. Je pense que nous
serons en pleine
forme
après une bonne douche et d'un bon dîner chez Anderson. Ensuite, nous
pourrons nous envoler vers Saïgon, notre prochaine étape.
Les
impondérables....pourquoi y ai-je pensé si fort ?
A
notre arrivée à Kai Tak, nous attendons Anderson dans le terminal.
Vingt minutes plus tard, il n'est toujours pas là. Ce retard ne lui
ressemble pas. Il s'est passé quelque chose. Nous nous dirigeons
vers les cabines téléphoniques du hall. A peine ai-je pris le
combiné qu'une voix suave derrière moi m'interpelle...
-Monsieur
Desmond ?...monsieur Richard Desmond ?...
Derrière
cette formule interrogative, j'aperçois un petit bout de femme d'à
peine 20 ans. Des cheveux blonds tirés en arrière en une queue de
cheval maintenue par un chouchou , visage régulier et
agréable, sourire avenant....la jeune fille est habillée d'un
blouson aviateur, d'un tee-shirt blanc, d'un jean serré classique et
chaussée d'espadrilles noires à semelle de corde. Ses formes sont
harmonieuses, bien proportionnées...l'ensemble se laisse regarder
sauf deux points qui me font penser qu'elle a depuis longtemps
dépassé l'enfance...d'une part, ses yeux bleu acier, d'une dureté sans rapport
avec l'apparente fragilité de sa morphologie et d'autre part, la bosse que je
devine à droite, sous son blouson....un début de crosse, bien définissable...un 7,65 walter PPK.
Elle
se présente...
-Je
suis Mélissa Pickett, la nièce d'Anderson....Il est
indisponible...c'est moi qui vous récupère. Allez Venez ! Il
nous attend...Je suis garée en double file !.....
Sur
ce, elle tourne les talons et se dirige vers la sortie...
Nous
suivons, un peu déroutés par cette calimity jane des temps
modernes...
Depuis
que nous sommes arrivés, Mai n'a pas dit un mot. Sans doute la
fatigue. Habitué à ces changements d'escales, je ne me suis pas
rendu compte qu'elle en était une novice et qu'elle pouvait en être
affectée. Je m'en veux terriblement. Je ralentis le pas pour avancer
à son rythme...Mélissa attendra. Elle me prend la main, me sourit comme pour me remercier de cette délicate attention. Je l'embrasse sur le nez.

coucou .... incroyable, l'intensité de ce chapitre .... on halète presque en lisant les lignes .... on sent qu'il va se passer quelque chose .... pas trop sure que ce soit sage de suivre cette blondinette au regard si dur ...
RépondreSupprimerEn tout cas, les aléas de voyage, je connais .... Quand je suis rentrée de Krabi, j'ai eu tous mes vols de changer avec un arrêt très long à Istamboul ... et aller en Equateur en passant par la colombie au départ de paris, çà non plus je ne l'avais pas prévu, comme revenir de mongolie en passant par le japon ou aller du Bélize qau Guatemala en passant par ... le salvador ....
Enfin bref, les aéroports, je connais .. lol mdr
bisous et bon lundi
Tu as beaucoup voyagé en Asie en faisant des détours. Le suspense est toujours au rendez-vous et j'attends la suite avec impatience ! Bon lundi, amitié
RépondreSupprimerD'un continent à l'autre, nous poursuivons cette histoire haletante générant en nous des désirs d'aventures, sous couvert d'une belle histoire d'amour...!
RépondreSupprimerLa minutie de ta narration nous enchante et nous charme cher Chris Daniel. L'impatience de l'attente du prochain épisode nous étreint mon cher ami, avant la poursuite de ces saveurs épistolaires mêlant l'exotisme de l'extrême-orient aux réalités banales de notre civilisation occidentale. A bientôt amitiés
Je serais comme Mai, complètement déboussolée avec toutes ces escales et ces fuseaux horaires !
RépondreSupprimerBon lundi.