dimanche 3 août 2014

Calamity Jane




Il est près de midi trente. Nous sommes à nouveau sur le quai d'embarquement de Los Angeles Airport. Nous avons très mal dormi. Notre horloge biologique est en train de subir un sacré coup de pompe et le passage vers l'est n'arrange rien.

Mai est très lasse et nos deux cafés du matin semblent nous endormir plutôt que nous réveiller. Le préposé affecté aux passeports nous regarde d'un œil suspicieux. A sa place, je le serais tout autant. Deux passagers arrivés de la veille de Manille après quinze heures de vol qui repartent le lendemain vers Hong-Kong pour une nouvelle révolution de quinze heures...moi, je trouverais ça louche...que sont-ils donc venus faire à L.A ?... Personnellement, je dirais ...que sont-ils venus faire dans cette galère ?.......car galère, il y a.

Notre but était de regagner Manille et prendre la correspondance pour Bangkok mais tous les vols affichaient complets. Rien n'était prévu avant le surlendemain.

Rester à L.A durant deux jours était bien tentant mais au timbre de sa voix, Chris semblait avoir un problème...il ne fallait donc pas s'éterniser en chemin. Le seul vol disponible qui restait de la journée était Hong-Kong. J'ai donc téléphoné à Anderson que nous arriverions à HK le lendemain pour qu'il vienne nous chercher à l'aéroport Kai Tak.

Quant à la suite du voyage, j'ai bien une petite idée qui va nous faire gagner cinq à six heures. Mon plan ne devrait comporter aucun grain de sable dans les rouages mais il y a les impondérables et depuis que nous circulons dans le sud-est asiatique, nous avons eu notre lot de surprises. Certaines se sont révélées favorables mais d'autres l'ont été beaucoup moins.

Nous avons réussi à dormir dans l'avion. J'en ai tiré un certain avantage. J'en suis moins sûr pour Mai. Je pense que nous serons en pleine
forme après une bonne douche et d'un bon dîner chez Anderson. Ensuite, nous pourrons nous envoler vers Saïgon, notre prochaine étape.

Les impondérables....pourquoi y ai-je pensé si fort ?

A notre arrivée à Kai Tak, nous attendons Anderson dans le terminal. Vingt minutes plus tard, il n'est toujours pas là. Ce retard ne lui ressemble pas. Il s'est passé quelque chose. Nous nous dirigeons vers les cabines téléphoniques du hall. A peine ai-je pris le combiné qu'une voix suave derrière moi m'interpelle...

-Monsieur Desmond ?...monsieur Richard Desmond ?...
 

Derrière cette formule interrogative, j'aperçois un petit bout de femme d'à peine 20 ans. Des cheveux blonds tirés en arrière en une queue de cheval maintenue par un chouchou , visage régulier et agréable, sourire avenant....la jeune fille est habillée d'un blouson aviateur, d'un tee-shirt blanc, d'un jean serré classique et chaussée d'espadrilles noires à semelle de corde. Ses formes sont harmonieuses, bien proportionnées...l'ensemble se laisse regarder sauf deux points qui me font penser qu'elle a depuis longtemps dépassé l'enfance...d'une part, ses yeux bleu acier, d'une dureté sans rapport avec l'apparente fragilité de sa morphologie et d'autre part, la bosse que je devine à droite, sous son blouson....un début de crosse, bien définissable...un 7,65 walter PPK.

Elle se présente...

-Je suis Mélissa Pickett, la nièce d'Anderson....Il est indisponible...c'est moi qui vous récupère. Allez Venez ! Il nous attend...Je suis garée en double file !.....

Sur ce, elle tourne les talons et se dirige vers la sortie...

Nous suivons, un peu déroutés par cette calimity jane des temps modernes...

Depuis que nous sommes arrivés, Mai n'a pas dit un mot. Sans doute la fatigue. Habitué à ces changements d'escales, je ne me suis pas rendu compte qu'elle en était une novice et qu'elle pouvait en être affectée. Je m'en veux terriblement. Je ralentis le pas pour avancer à son rythme...Mélissa attendra. Elle me prend la main, me sourit comme pour me remercier de cette délicate attention. Je l'embrasse sur le nez.

-je t'aime...mon coeur..dit-elle















4 commentaires:

  1. coucou .... incroyable, l'intensité de ce chapitre .... on halète presque en lisant les lignes .... on sent qu'il va se passer quelque chose .... pas trop sure que ce soit sage de suivre cette blondinette au regard si dur ...
    En tout cas, les aléas de voyage, je connais .... Quand je suis rentrée de Krabi, j'ai eu tous mes vols de changer avec un arrêt très long à Istamboul ... et aller en Equateur en passant par la colombie au départ de paris, çà non plus je ne l'avais pas prévu, comme revenir de mongolie en passant par le japon ou aller du Bélize qau Guatemala en passant par ... le salvador ....
    Enfin bref, les aéroports, je connais .. lol mdr
    bisous et bon lundi

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  2. Tu as beaucoup voyagé en Asie en faisant des détours. Le suspense est toujours au rendez-vous et j'attends la suite avec impatience ! Bon lundi, amitié

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  3. D'un continent à l'autre, nous poursuivons cette histoire haletante générant en nous des désirs d'aventures, sous couvert d'une belle histoire d'amour...!
    La minutie de ta narration nous enchante et nous charme cher Chris Daniel. L'impatience de l'attente du prochain épisode nous étreint mon cher ami, avant la poursuite de ces saveurs épistolaires mêlant l'exotisme de l'extrême-orient aux réalités banales de notre civilisation occidentale. A bientôt amitiés

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  4. Je serais comme Mai, complètement déboussolée avec toutes ces escales et ces fuseaux horaires !
    Bon lundi.

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