Après
être passés par une multitude de pièces aménagées en
laboratoires, chambres de régénération, salles de pause
d'activité, ils parvinrent enfin au saint du saint : le nerf
central de l’Ovni, un cerveau géant fait de matière et d'atomes
qui occupait tout le milieu de l'immense pièce.
-je
vous présente Phaéton. Il régit et coordonne l'ensemble du
vaisseau. Maintenant, je vous demanderai de bien vouloir satisfaire à
une mesure de sécurité et vous approcher de cette lumière bleue,
au centre de la pièce.
-Pourquoi ?
demanda Richard, un peu hésitant.
-Afin
que Phaéton prenne en considération vos paramètres identitaires, vous
permettant de circuler sur le vaisseau et continuer la visite. Il faut savoir qu'en cas de conflit interne ou externe, tout
élément étranger non répertorié est systématiquement expulsé
hors de ces lieux.
Rassurés,
ils s'exécutèrent chacun à leur tour.
La lumière était douce,
reposante. Richard sentait qu'il était scanné jusqu'à la moindre
parcelle de ses atomes, le rayon remontant doucement le long de son corps vers son visage. Il sentit comme un léger souffle d'air et son image en
trois dimensions se profila sur l'écran géant de l'imposant
Phaéton.
-Votre
identité ? demanda ce dernier. La voix était légèrement métallique
mais agréable, presque rassurante.
Il se présenta.
-Richard Desmond !...
Puis chacun se conforma au rituel sécuritaire.
Quelques minutes plus tard...
-Tout
est bien, Phaéton ? fit le génésien.
-Tout
est bien Commander... répondit la machine.
Gar
conclut :
-Voilà
mes amis, vous faites, officiellement, partis du personnel du
vaisseau. Je vais sur le champ faire la présentation des autres
navigants auxquels vous aurez affaire durant les différends passages temporels sur Terre.
Ils
quittèrent la pièce centrale et suivirent un long couloir, le même
qu'ils avaient emprunté pour en rejoindre le cœur où se trouvait
l'Orchidée, lorsque Naakéma se matérialisa soudain à deux pas de
Gar, lui fit signe de se baisser et lui glissa à l'oreille quelques
mots. Le Génésien sembla préoccupé, tira sur sa barbe blonde quelques
secondes et appuya sur un artefact situé sur sa poitrine.
-Phaéton....dis
à Hélis de venir en ce lieu, qu'elle prenne en mains nos invités et
les conduise en salle de repos. Quant à vous, mes amis... il
se tourna vers eux...je vous laisse pour un instant entre les
mains d'Hélis...une affaire urgente à régler. Puis, il tourna les
talons et disparut soudain du couloir.
Quelques
secondes plus tard, la dénommée Hélis se matérialisa devant eux
et se présenta.
-Bonjour,
mes amis. Je suis Hélis. Mon époux a dû s'absenter et m'a chargé
de poursuivre avec vos personnes la visite de nos complexes.
-Votre
époux ? Maître Gar est votre époux ?.....fit Richard
-Absolument,
depuis cent dix ans de votre grégorien. Elle sourit.
C'était
la surprise du chef. La jeune femme qui se tenait devant eux ne
pouvait avoir guère plus de trente ans ; chevelure Blonde comme les blés, un
visage fin d'une grande beauté et un port de tête racé
sur un corps magnifiquement proportionné à rendre jalouses Mai et
Moon qui, pourtant, n'avaient rien de physiquement négligeable, Quant à Richard et Chris, subjugués par l'apparente beauté de la Génésienne, ils balbutièrent quelques bribes de
phrases... dont personne ne saisit le sens. Ils ne baissèrent les yeux
que lorsqu'ils aperçurent le regard noir de leurs compagnes et le
froncement de sourcils qui l'accompagnait.....
-Maintenant...mes
amis, nous allons nous rendre en salle de relaxation....
-Crois-tu
qu'elle dorme ?
La
voix était cristalline, enfantine. Des rires fusèrent, remplis
d'insouciance et de joie curieuse.
-Attends....je
vais voir toute de suite....fit une autre voix, tout aussi juvénile.
Zora
sentit quelque chose de léger comme du duvet effleurer ses
paupières. Instinctivement, elle ouvrit les yeux, les referma
aussitôt, aveuglée par la lumière crue du jour. Surprise, elle
régla ses capteurs lumineux en fonction de l'intensité du jour.
Elle découvrit peu à peu son environnement. Un épi de blé dansait
au dessus de sa tête, tenu par une petite frimousse blonde. Une
enfant. En agrandissant son champ de vision, elle découvrit le reste
de l'attroupement. Une ribambelle de « mômes » comme
disait Acadéus, affublés de chasubles blanches aux ourlets cerclés
d'une frise de jais et d'or aux motifs méandre.
La
Grèce...envoyée par Titan, elle avait réussi le passage du temps.
-Yassou!...dit-elle
simplement en appuyant sur son translater.
Surpris
par le timbre de sa voix légèrement métallique et en écho, les
enfants se turent, reculant instinctivement. Zora ne sut pas si
c'était la curiosité qui les anima ou la douceur de son visage sans
ride mais ils esquissèrent une approche.
-Yassou...répéta-t-elle...n'ayez
pas peur.....je m'appelle Zora. Et vous ?
La
plus jeune mais sans nul doute la plus audacieuse des enfants
s'avança. Elle tenait encore à la main, l'épi de blé.
-Tu
parles d'une voix étrange !...d'où viens-tu ? De quelle
cité d'Attique ?
-Et
toi....petit ange...qui es-tu ?
-Je
suis Calliope, fille de notre père et souverain des cités
d'Attique, d'Athènes et de Sparte. Et là...dit-elle en désignant
le reste de la troupe...ce sont mes frères et mes sœurs
d'Eleusis....
-Eleusis ?
Est-ce votre terre ?
-Non !
C'est un petit village d'Attique. Je vois à tes propos et à tes
vêtements bizarres que tu n'es pas d'ici....Peut-être as-tu franchi
le mur des dieux...Zora ? es-tu une déesse d'Olympie...comme ma
tante ?
-Non !
Seulement une voyageuse des étoiles qui a emprunté le passage
céleste mais je vais......
Elle
ne put terminer sa phrase...
Un
bruit continu et sourd comme un ressac d'océan parvint à leurs
oreilles, faisant détaler les têtes blondes. Avant de se fondre
dans les graminées, Calliope cria :
-Viens
avec nous, Zora ! Il vaut mieux ne pas rester ici ! Si
Déméter, ma tante te voit, elle risque d'être très....très en
colère !
C'était
amusant de voir la haute taille de la cybernaute évoluant dans une
mer dorée et flattée par les vents ioniens, accompagnée de la
suite invisible des bambins qu'elle dépassait de plus de quatre
pieds. Bientôt , ils vinrent pointer le nord du champ et
entamèrent une remontée vers les collines.
Parvenus au sommet de l'une
d'elles, Zora put observer en contrebas le travail de récolte. Des
milliers d'éclairs illuminaient le champ, fauchant en gerbes
scintillantes les murs épis d'or . Montée sur un chariot de feu,
Déméter moissonnait.
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