Phu
Quy était une bande de terre étroite en pleine Mer de Chine peuplée
principalement de pécheurs. Bien à l'abri derrière la digue, face
aux vieilles maisons de bois et sous la protection du Bouddha blanc
surplombant l'île, nos quatre amis attendirent la fin des hostilités
puis profitant d'une accalmie ils reprirent la mer. Les alizés
avaient poussé au loin les bourrasques de la mousson. De nouveau,
peu à peu, le voile noir se déchirait laissant apparaître un coin
de ciel bleu qui gagna bientôt tout l'horizon.
La
vie à bord était ce que l'on pourrait appeler le farniente, chacun
trouvant une occasion de coincer la bulle entre deux bols de thé.
Campé derrière la vieille barre en teck, Richard méditait sur la
situation de l'avant-veille. Mai était toujours inquiète même si
elle ne le montrait pas mais Richard la connaissait bien comme la
façon qu'elle avait de caresser sa paume de main en fermant le
poing, ses soupirs à peine audibles et son sourire à son encontre
pour le rassurer que tout allait bien lorsqu'il la regardait...
Soudain,
Il imprima à la barre une rotation de 180° ce qui eut pour effet de
réveiller tout le voilier.
Chris
vint aux nouvelles suivi des deux femmes.
Le
frangin avait, comme je l'ai dit précédemment, cette faculté de
deviner comme un jumeau les réactions de Richard. A sa physionomie,
il comprit que l'épisode de Vung Thau était toujours d'actualité
et qu'ils étaient partis prématurément sans apporter une solution
au problème de disparition. Simplement, il énonça en cherchant son
regard:
-Vung
Thau !?
Qui
ne dit mot consent. Richard demeurait coi. Chris tapa du poing dans
sa main.
-Enfin !
De l'action ! S'écria-t-il.
Mai
regarda Richard avec reconnaissance et lui sourit, à demi soulagée.
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