dimanche 2 novembre 2014

La Bibliothèque


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-Voilà !... j'ai fini...... regardons ensemble les tirages...dis-je en agitant bien haut les épreuves à peine sèches.
Mai et Nuyen se regroupent près de guéridon où j'ai étalé « mes cinq preuves ».

Sur la première, on aperçoit l'ensemble de la bibliothèque avec ses quatre rangées de livres aux trois coins de la pièce. Au centre, le dosseret du fauteuil-crapaud en cuir fauve dont j'avais aperçu lors de mon premier passage la patine terne, les accoudoirs tâchés et lustrés par les fréquentes caresses manuelles....près d'un écritoire en bois à droite et une bergère Louis XV au tissu brocardé élimé par le temps à gauche.

Sur la seconde, une table bar mappemonde à roulette du 18° en acajou. Au pied du fauteuil, une chaufferette en cuivre rouge semble attendre les braises de l'âtre. Occupant la quasi totalité du mur du fond, la fameuse cheminée avec ses deux chenets face de dragon en bronze à demi-enfoncés dans les cendres ; Quant aux tisonnier, pelle et longue pince enrubannée d'une lanière de cuir pour une meilleure saisie, ils sont bien rangés dans le serviteur en cuivre placé contre le jambage. La base, en pierre, repose sur un parquet en point de Hongrie verni et rutilant.

La troisième montre les inscriptions latines sur le manteau supportant les corbeaux ouvragés d'arabesques....et de signes cabalistiques.

On aperçoit sur la quatrième le fronton avec le portrait et le nom de J.Churchward écrit en cyrillique.

La dernière est la plus énigmatique et, au demeurant, la plus saisissante. La partie gauche de la photo est légèrement floue et montre une ombre blanche qui semble se déplacer vers l'objectif. Par contre, le côté droit est net et l'on peut apercevoir le fond de l'âtre et le contrecœur en fonte noirci par le feu. De chaque côté, les jambages sont légèrement convexes et supportent deux lourds anneaux de cuivre.

-Qu'en pensez vous?dis-je, dubitatif

Nuyen tourne et retourne les photos, les rassemble et les étale à nouveau comme une cartomancienne puis, sans un mot, lève les bras au ciel dans cette impuissance qui sied à tout problème indissoluble....

Mai est plus attentive et dissèque avec une loupe de diamantaire chaque épreuve, comme le ferait un photographe professionnel,.

Soudain au bout d'un moment, elle s'écrie, en souriant :

-J'ai trouvé !....

Puis, nous faisant face, elle secoue une photo en disant :

-Je sais ce qui cloche dans ce papier...qui mérite notre attention !

Et, de facto, elle nous montre, en pointant du doigt l'élément qui a suscité sa joie.




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