mardi 16 septembre 2014

Sai gon 3




Marcher le long des rues de Saïgon, ce long pas vers l'inconnu avec une jolie congaie à ses côtés, c'est savoir s'arrêter à chaque coin de rue, saluer à droite, à gauche, s'imprégner du parfum de l'étal qui flatte les narines, attendre un pas derrière Mai qui engage une conversation courtoise, de commerçant à chaland et toujours ce sourire qui fait boule de neige où que l'on passe. Nuyen est connu dans ce quartier et au delà de ces rues étroites et animées qui sentent encore en milieu de journée le Banh bao ou le hu tieu, cette soupe de vermicelle de riz avec du porc que les sud-vietnamiens mangent à n'importe quelle heure.

A mesure que nous quittons le quartier des pâtisseries, une ribambelle de gamins nous suivent en vélo à l'affût d'un billet. Je serais tenté de laisser tomber quelques pièces mais Mai connaît cette façon de procéder et les renvoie promptement, sans se fâcher. Un seul s'attache à nos basques. Le gamin a une dizaine d'années. Ses vêtements sont élimés mais propres. Il est coiffé d'une casquette bleue marquée NY et chaussé de baskets plus très neufs. Il me tire la manche et me dit :

    -I know May. She does not remember ! Please sir...give me...
    Je regarde Mai. Elle détourne le regard mais je sens qu'elle me laisse le choix....après tout, il y a quelques années, c'est elle qui m'aurait tiré la manche....

Je glisse cinq dollars au gamin. Il me regarde, me salue puis il se tourne vers Mai et lui glisse :

-cảm ơn bạn anyway...Mai

-đi! Chuông ! Répond-elle dans un murmure....en lui souriant.

La pluie commence à tomber, une pluie de mousson annonciatrice de la saison. Elle est si douce qu'il n'est nul besoin de chercher un coin pour s'abriter. Elle rafraîchit, courant le long du corps jusqu'aux parties les plus intimes nous procurant des sensations bizarres, un besoin sensuel de se laisser envahir par ces milliers de particules d'eau et s'abandonner jusqu'à ne plus bouger...
L'ao dai blanc de Mai se teinte de rose révélant la couleur de sa peau. Je lui dis :
-Heureusement que le pantalon est noir !.....sinon...

Elle hoche la tête tout en me prenant la main puis elle se met à courir vers la maison de bois rouge, comme ils l'appellent ici.

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