samedi 16 août 2014

le Bangladesh





Depuis cinq minutes, nous sommes en plein cumulonimbus. L'avion n'arrête pas de tanguer. Mélissa a de la peine à tirer sur le yoke ou le pousser.

-Un coup de main ?...propose-je

-Non merci, ça va aller... Ce sont mes premières vraies turbulences.

Mai demande :

-J'ai de quoi me faire du souci ?...

-Non, mon ange. Pour faire simple, ce sont ces nuages qui, en se déplaçant, créent des courants verticaux qui s'entrecroisent.

-C'est ce qu'on appelle des trous d'air ?!...

-Pas faux.....en fait, l'origine du phénomène vient des extrémités des ailes où l'air est en surpression et vient colmater si je puis dire les zones en dépression. C'est cette rencontre qui crée un vortex.....

-vortex ?...

-un tourbillon...un exemple....lorsque tu vides la baignoire d'eau après le bain, tu t'aperçois qu'il se forme un entonnoir plus ou moins grand suivant la vitesse d'écoulement des eaux. C'est ça qu'on appelle un vortex...

-Okay, j'ai compris.


-Bien !....c'est ce vortex qui provoque ces turbulences et plus l'avion est gros comme le notre, plus le phénomène est perceptible....quant aux trous d'air, c'est dû principalement à un changement de mouvement soudain de l’air autour de l’avion qui cause des saccades avec cette impression d’être sur des montagnes russes...

-Et Mélissa doit stabiliser alors l'appareil ?

-C'est un peu ça.....

Mai regarde Mélissa qui joue au yoyo marteau piqueur avec le manche.....

-Elle a l'air de souffrir...ironise-t-elle

-Laisses-là se concentrer...calme-je en souriant.

J'espère que nous n'allons pas subir le jumeau du cyclone de Bhola qui a frappé le Bangladesh en 70, une vraie calamité...mais le ciel se dégage, laissant apparaître au loin les mangroves du Sundarban situées à l'embouchure du Bangladesh. Encore vingt kilomètres et nous serons dessus. Avant de survoler le territoire, nous descendons à 5000 pieds. Un petit coup d’œil sur l'assiette, bonne et le cap, un dernier tracé de vérification sur le computer et nouveau cap sur 22°Nord direction le Sikkim.

Maintenant, on survole les mangroves. Elles s'étalent sur plus de 300 kilomètres.

-On arrive quand ?

-Une heure, une heure et demie...si tout va bien. On va suivre le Jamuna, éviter Dacca à cause des longs courriers, et dériver sur le district de Kurigram vers Chilmari. On atterrit là-bas.









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