lundi 7 juillet 2014

Moon 6


Le reflet de la Lune trouble sur l'eau se dissout dans une moire éphémère et glacée. Il est temps de gagner le monde de la turbulence. Nous marchons côte à côte quelques instants. Je voudrais lui prendre la main mais ici ce n'est pas toléré. J'esquisse cependant le geste osé mais je la sens frémir..Pourtant, cet interdit est devenu tolérance ; seuls les anciens semblent encore l'actualiser, les plus jeunes ont depuis longtemps repoussé la limite de ce savoir-vivre dans ses fondations jusqu'à ne plus exister. On comprend leur point de vue en flânant du côté du quartier Patpong....
Toutefois, doucement, je l'attire vers moi, pose mon bras sur ses épaules et, de ce maintien consenti, je recueille une douce chaleur qui peu à peu m'envahit entièrement.


Arrivés sur Rama IV Road, d'une ruelle mal éclairée jaillit un véhicule de police, une Toyota au gyrophare actif. Elle pile devant nous. Deux policiers en descendent et dispersent la foule à coups de sifflets. Bousculés, compactés dans un groupe hétéroclite de touristes et de naturels du pays, Moon cherche à savoir le pourquoi de cette effervescence. Elle m'en fait part. Un homme influent et sa famille ont été assassinés dans un temple ce matin et la police effectue des perquisitions chez des suspects près de la grande avenue. Le signalement d'un véhicule a été rapporté. Il s'agirait d'un véhicule diplomatique de couleur noire. Tout renseignement pouvant apporter un indice judiciaire concernant l'occupant de cette voiture est à communiquer au commissariat central de la police. J'ai comme qui dirait un frisson. Je repense à notre matinée lorsque j'ai pris Moon en photo et, en arrière-plan, le groupe de personnages un peu déphasé par rapport à l'ambiance du temple....se pourrait-il que ?
Je viens d'en faire part à Moon. Nous sommes rentrés à l'hôtel. Nous décidons de nous rendre au Commissariat même si Moon est réticente sur la forme. Elle connaît la corruption de certains policiers qui n'hésitent pas à compléter leur solde en divulguant des renseignements à la mafia locale....mais tu me connais, Richard, je n'ai pas pour habitude de laisser des crimes crapuleux sans suite lorsque je peux faire avancer l'enquête...à plus forte raison lorsque des enfants, deux en cette occasion, sont des victimes de cette tragédie....
J'essaie de faire entendre raison à Moon. Finalement, elle acquiesce.....pour les enfants dit-elle.
1 heure du matin. Nous venons de rentrer du Commissariat. Nous avons été bien reçu par le commissaire principal, un homme d'une cinquantaine d'années, très amène. Son bureau est simple, clairsemé ; un téléphone trône au milieu de son meuble en acajou ainsi qu'une photo représentant trois enfants entourant une femme, sans doute son épouse. En coin, un vieux magnétophone à bande est installé...prêt à l'emploi. Il prend note de notre déposition. Je lui donne la pellicule qu'il porte rapidement à développer dans un autre service. Il revient une heure plus tard, nous remercie en nous donnant le reste des photographies intimistes, nous donne congé puis nous sommes raccompagnés jusqu'à notre hôtel.... en véhicule de police. Ça va jaser dans les chaumières même s'il y a pratiquement personne dans le hall sinon le portier que je sais curieux et pipelet.
J'exprime un seul regret, la photo qu'ils ont gardé était celle que je devais envoyer à Richard et Mai. Bah ! Il y aura d'autres occasions. Bientôt, nous devons nous rendre aux Seychelles. Je n'en ai rien dit à Moon mais je compte lui demander de m'épouser. Je sais qu'elle va accepter....je l'ai lu dans ses yeux.

2 commentaires:

  1. Bonjour Chris Daniels, Il y a du suspense, je sens qu'il va arriver une chose terrible mais je ne sais pas quand. Ton texte me tient en haleine. Bonne fin de semaine, amitié

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  2. Guidé par les rênes de l'amour Christ chevauche avec talent cette belle histoire aux multiples rebondissements dans cette fragrance magique de l'Extrême-Orient.
    C'est tout auréolé par les effluves parfumés de cette belle histoire que je te souhaite une bonne soirée à bientôt cher Chris Daniels

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