Le
reflet de la Lune trouble sur l'eau se dissout dans une moire
éphémère et glacée. Il est temps de gagner le monde de la
turbulence. Nous marchons côte à côte quelques instants. Je
voudrais lui prendre la main mais ici ce n'est pas toléré.
J'esquisse cependant le geste osé mais je la sens frémir..Pourtant, cet interdit est devenu tolérance ; seuls les anciens semblent encore l'actualiser, les plus jeunes ont depuis longtemps repoussé la limite de ce savoir-vivre dans ses fondations jusqu'à ne plus exister. On comprend leur point de vue en flânant du côté du quartier Patpong....
Toutefois,
doucement, je l'attire vers moi, pose mon bras sur ses épaules et,
de ce maintien consenti, je recueille une douce chaleur qui peu à
peu m'envahit entièrement.
Arrivés
sur Rama IV Road, d'une ruelle mal éclairée jaillit un véhicule de
police, une Toyota au gyrophare actif. Elle pile devant nous. Deux
policiers en descendent et dispersent la foule à coups de sifflets.
Bousculés, compactés dans un groupe hétéroclite de touristes et
de naturels du pays, Moon cherche à savoir le pourquoi de cette
effervescence. Elle m'en fait part. Un homme influent et sa famille
ont été assassinés dans un temple ce matin et la police effectue
des perquisitions chez des suspects près de la grande avenue. Le
signalement d'un véhicule a été rapporté. Il s'agirait d'un
véhicule diplomatique de couleur noire. Tout renseignement pouvant
apporter un indice judiciaire concernant l'occupant de cette voiture
est à communiquer au commissariat central de la police. J'ai comme
qui dirait un frisson. Je repense à notre matinée lorsque j'ai pris
Moon en photo et, en arrière-plan, le groupe de personnages un peu
déphasé par rapport à l'ambiance du temple....se pourrait-il que ?
Je
viens d'en faire part à Moon. Nous sommes rentrés à l'hôtel. Nous
décidons de nous rendre au Commissariat même si Moon est réticente
sur la forme. Elle connaît la corruption de certains policiers qui
n'hésitent pas à compléter leur solde en divulguant des
renseignements à la mafia locale....mais tu me connais, Richard, je
n'ai pas pour habitude de laisser des crimes crapuleux sans suite
lorsque je peux faire avancer l'enquête...à plus forte raison
lorsque des enfants, deux en cette occasion, sont des victimes de
cette tragédie....
J'essaie
de faire entendre raison à Moon. Finalement, elle acquiesce.....pour
les enfants dit-elle.
1
heure du matin. Nous venons de rentrer du Commissariat. Nous avons
été bien reçu par le commissaire principal, un homme d'une
cinquantaine d'années, très amène. Son bureau est simple,
clairsemé ; un téléphone trône au milieu de son meuble en
acajou ainsi qu'une photo représentant trois enfants entourant une
femme, sans doute son épouse. En coin, un vieux magnétophone à
bande est installé...prêt à l'emploi. Il prend note de notre
déposition. Je lui donne la pellicule qu'il porte rapidement à
développer dans un autre service. Il revient une heure plus tard,
nous remercie en nous donnant le reste des photographies intimistes,
nous donne congé puis nous sommes raccompagnés jusqu'à notre
hôtel.... en véhicule de police. Ça va jaser dans les chaumières
même s'il y a pratiquement personne dans le hall sinon le portier
que je sais curieux et pipelet.
J'exprime
un seul regret, la photo qu'ils ont gardé était celle que je devais
envoyer à Richard et Mai. Bah ! Il y aura d'autres occasions.
Bientôt, nous devons nous rendre aux Seychelles. Je n'en ai rien dit
à Moon mais je compte lui demander de m'épouser. Je sais qu'elle va
accepter....je l'ai lu dans ses yeux.
Bonjour Chris Daniels, Il y a du suspense, je sens qu'il va arriver une chose terrible mais je ne sais pas quand. Ton texte me tient en haleine. Bonne fin de semaine, amitié
RépondreSupprimerGuidé par les rênes de l'amour Christ chevauche avec talent cette belle histoire aux multiples rebondissements dans cette fragrance magique de l'Extrême-Orient.
RépondreSupprimerC'est tout auréolé par les effluves parfumés de cette belle histoire que je te souhaite une bonne soirée à bientôt cher Chris Daniels