mercredi 27 avril 2016

En-Innum

En-Innum

Tapis dans l'ombre, ils attendirent la relève. L'heure indiquée par Nammu arrivait à terme.Les gardes postés près du bivouac se préparaient.La nuit était glaciale. Richard voyait les filles grelotter, au bord de l'hypothermie. Il s'avança vers Gar mais ce dernier ne désirait pas le dialogue, absorbé par le rituel prochain de la soldatesque. Enfin la garde montante arriva. Un moment allait s'écouler entre la prise de position des deux factions en présence, le tout agrémenté de quolibets et de plaisanteries de corps de garde.

Gar donna le feu vert.Le moment était venu de sortir de la cachette. Quittant la plate-forme à la sécurité tout relative, ils profitèrent de l'épais feuillage des arbres plantés sur les terrasses et tournèrent au coin du sanctuaire, à l'abri des regards paresseux des soldats. Ceux qui les avaient frôlés revenaient d'un pas alerte vers le feu où étaient agglutinés leurs camarades, prêts à partir. Dissimulés, les Génésiens et nos amis entamaient la dernière étape: celle du franchissement de la dernière porte donnant sur les appartements. La garde descendante regagnait d'un pas martial ses douillettes pénates, laissant leurs camarades à notre merci. La confrontation était inévitable.

Gar et la cybernaute s'élancèrent sur les gardiens, sans un bruit et sans un cri et les neutralisèrent. La cybernaute avait la force de dix hommes. Quant au maître Génésien, sa haute stature et sa puissante musculature le mettaient à l'abri de toute surprise surhumaine. Les cyborgs qui accompagnaient le groupe prirent la place des infortunés Assyriens.

L'Ehursag était désert, en apparence. Les occupants dormaient, sûrement.Ils passèrent les pièces une à une, enjambant quelquefois des communs récupérant d'une journée trop chargée.Au détour d'un couloir, Gar s'arrêta soudain.Il venait d'apercevoir placé devant une alcôve la silhouette d'un homme en faction armé d'une javelle. Il réfléchit deux secondes, fit signe au groupe de rester statique et s'avança vers le garde, en titubant, comme imbibé de vin syrien. L'homme pointa son arme vers lui et le pria de s'arrêter mais Gar continua d'avancer doucement. Arrivé à bonne distance, tel un fauve il bondit sur l'homme, interdit et silencieusement,d'un coup savamment porté le neutralisa puis Il le déposa le long de l'alcôve et fit signe au reste du groupe d'approcher. Sous la tenture, reposait En-Innum Meskalamdug, endormi et enfin à leur merci. Le bâillonnant avec vigueur, Gar réveilla le prêtre qui ouvrit des yeux exorbités, surpris par l'intrusion sacrilège.Le serviteur du temple commença à proférer des menaces à l'encontre du génésien mais ce dernier restait impassible.
Au bout de quelques minutes de ce soliloque, Gar le secoua doucement et lui intima le silence en lui comprimant la carotide. Le prêtre comprit en hochant positivement de la tête. Le dialogue pouvait commencer. Gar relâcha la pression et ôta la main de sa bouche.
-Pas un bruit si vous tenez à la vie....écoutez moi...d'accord ?
-je vous écoute mais je tiens à vous dire que vous êtes fous et perdus....je..
L'homme reprenait de l’assurance. Gar comprima à nouveau sa carotide. Le prêtre lui tapota la main vivement.
-c'est bon...c'est bon...j'ai compris...bredouilla-t-il, à la limite de l'asphyxie.
Alors, Gar commença à parler.

-Bien! Vous allez nous conduire...et sans geste inconsidéré et stupide.... à l'endroit où vous détenez la tablette de Nisaba, la prêtresse. Vous allez nous y mener...sans histoire ou ruse de votre part. En contrepartie, nous vous laisserons la vie sauve quoique ce n'est pas l'envie qui m'en manque de vous supprimer. Je laisse ce soin à d'autres qui le feront inéluctablement. M'avez vous bien compris ou dois-je être plus convaincant.... formula-t-il en accentuant la pression sur sa gorge.
Mais le serviteur de Baal avait compris le message sachant obstinément que cette menace était sincère et que le géant qui lui faisait face n'hésiterait pas à la mettre à exécution si besoin était. En outre, il tenait trop à la vie. Quant à celle, future, de son remplacement, il serait temps d'y remédier...plus tard. Il était prêt à coopérer.


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