FAIRE-PART
de NAISSANCE
Monsieur
et Madame Richard Desmond sont heureux de vous annoncer la naissance
de leur petite Mai Lan, SuYin, Patricia
Elle
a la peau blanche comme la neige,
les joues roses comme des pommes
et les cheveux de jais de sa maman.
les joues roses comme des pommes
et les cheveux de jais de sa maman.
Notre petite Mai Lan, SuYin, Patricia
a vu le jour le 05 mai à 06h40.
Elle pèse 2,650kg et mesure 43cm.
C'était
il y a un mois déjà. Mai était ressortie très affaiblie de
l'accouchement. Un planning surbooké, le stress accumulé par nos
derniers voyages, son refus de repos post-natal et les nuits blanches
passées n'avaient rien arrangé.
Un
matin, alors que le soleil illuminait notre chambre, je m'étais levé
comme d'habitude, étiré et gagné, encore endormi, la salle de bains en silence,
désireux de laisser dormir Mai. Notre petit ange, quant à elle,
devait dormir profondément après une nuit exceptionnellement agitée, ce
qui m'avait contraint, comme un somnambule, à descendre à la cuisine pour un ième
biberon.
Quelques
minutes plus tard, je ressortais lavé, rasé et en meilleure forme
pour affronter une journée très particulière : accueillir à Tan
Son Nhat Airport la marraine de notre petite Mai : Soo.
J'ai
su, en voyant le milieu de lit qu'un drame s'était produit dans la
nuit ...une large auréole d'un rouge carmin s'étalait sur le drap
de soie blanche. Une odeur âcre très reconnaissable, l'aspect
cireux de mon âme sœur et la fixité de son regard perdu dans le
vide ont fini par annihiler toute énergie, me laissant sans voix,
sans force. Une boule d'angoisse m'enserrait la gorge devenant plus
envahissante à mesure que je prenais conscience du drame. Jamais je
n'avais connu ça même dans les situations les plus périlleuses qui
m'avaient amené à côtoyer de près la mort. Je me sentais si
faible qu'un enfant aurait pu me faire tomber sans que je réagisse.
Ma tête était compressée comme enserrée dans un carcan brûlant.
A ce stade, j'ai su qu'il fallait absolument que j'évacue cette
soupape qui me servait de cerveau et...j'explosais dans un cri long
et déchirant, m'arrachant un torrent de larmes, les premières
depuis... mon enfance ce qui finit par réveiller Nuyen et toute la
maison.
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Penché
au balcon du premier, je regardais d'un œil absent la vague
déferlante de petites gens venus présenter sous la pluie leurs
condoléances ; même si Mai leur était étrangère, ils
étaient venus par déférence pour Nuyen, sa tante qu'ils
connaissaient bien.
Soo
était venue en taxi de l'aéroport, consciente qu'une raison bien
particulière avait dû nous empêcher de venir la récupérer. Mise
en présence du drame, la petite était devenue inconsolable, sa
grande sœur du camp n'était plus...
Même
le temps était de la partie. Un temps gris, sale, entrecoupé de
grains perlés et humides qui martelaient les grandes feuilles de
lotus de l'étang en un tempo monocorde et répétitif.
Absorbé
par des idées noires, les yeux noyés par le chagrin, je réagis à
peine lorsque une main se posa sur mon épaule. Je m'essuyais
brusquement, désireux de conserver un semblant de dignité, laquelle
fondait comme neige au soleil... c'était peine perdue. Chris
était venu avec Moon.
-laisses
toi aller frérot...m'avait-il dit simplement d'une voix étranglée
par l'émotion et nous nous étions étreints de longues
minutes..sans un mot.
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Juin
venait de commencer. La petite Mai et moi étions repartis en France,
histoire de changer de latitude et revoir les amis que j'avais laissé
depuis plus de dix ans.
Nous
y sommes restés sept ans...sept années de réflexion avant
d'entamer une nouvelle fois un périple qui allait nous conduire à
travers l'Asie, en commençant par la Thaïlande. J'avais pris
quelques années et un sacré coup de vieux. La disparition de la
maman de notre petit ange Mai second, m'avait profondément affecté
et demeurait encore comme une plaie qui n'allait jamais se refermer
en mon cœur.
Moon
et Chris étaient restés à Hong-Kong où ce dernier exerçait en
transit la fonction de délégué permanent à l'Unesco pour le
compte des Nations Unies.
Soo
avait rejoint son petit havre de paix philippin et Nuyen passait les
trois quarts de l'année dans sa grande maison de Saïgon. Quant au
dernier quart...Dieu sait où elle allait !!!!!
(épisode qui fait suite : l'orchidée rouge)
(épisode qui fait suite : l'orchidée rouge)
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