lundi 12 décembre 2016

le Départ

Le lendemain matin, Richard est au rendez-vous...mais il n'est pas tout seul. Mai l'accompagne. J'ai beau avoir une idée parfaite de la femme, de ce qu'elle représente physiquement, j'étais loin d'imaginer que la femme de Richard puisse être aussi magnifique. J'en ai le souffle coupé. Pouvoir la mettre en valeur dans mes récits, lui accorder plus d'importance au sein des aventures me semblait nécessaire...j'étais loin de me douter....

Un célèbre poète français a dit : Auprès d'une jolie femme, mille désirs rendent muet, par le plaisir l'âme est remplie, on ne sait plus ce que l'on est....
Pourtant, j'avais suivi au cours de ma vie l'adage qui dit que les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu de belles femmes et, souvent désargenté, je m'étais tout de même marié trois fois...avec de jolies femmes.

une fois à l'intérieur.....Richard...

-En sortant, j'ai abondé dans votre sens. Je me suis mis à la recherche du passage. J'ai donc fait le chemin inverse du matin et après deux heures d'errements, je l'ai retrouvé. Mai m'attendait tout près du lieu de ma soudaine disparition . Nous avons discuté. Je lui ai relaté notre entretien, exposé en quelques mots le pourquoi du phénomène dimensionnel puis nous avons décidé de passer la porte, ensemble.

Mai n'arrêtait pas de passer d'un visage à l'autre, surprise par cette similitude de traits, ce qui me gênait quelque peu lorsque son regard s'attardait sur nos deux corpulences distinctes et plutôt en faveur de mon visiteur.

Le premier examen...visuel passé, nous nous sommes remis à discuter sur l'extraordinaire similitude des aventures passées. Personne n'ayant pu apporter pierre à l'édifice de la compréhension, Richard et Mai me firent une proposition.
-Voulez vous venir avec nous dans notre monde....voir à quoi il ressemble ? S'il ne vous plaît pas, vous pourrez toujours revenir chez vous...qu'en pensez vous ?

L'idée était alléchante car rien ni personne ne me retenait ici.
Si, au fur des années, j'avais perdu ce goût pimenté de l'aventure, il refaisait surface dans cette immédiateté dont je m'étais débarrassé dix ans auparavant....

-Pourquoi pas ! Laisse-je entendre.

j'avais décidé de tenter l'aventure, bousculer mes habitudes de vieux garçon casanier et gagner ce monde que j'avais mis en lumière au fur et à mesure des épisodes, ce monde différend du mien, ce monde où ses personnages étaient un peu devenus mes amis, où j'avais par intérim vécu leurs aventures dans un sommeil paradoxal qui me semblait à la fois si réel et pourtant hors du temps....

Il est quinze heures. Je prends quelques affaires. Je me sens à la fois fébrile et surexcité. Rien ne me retient plus dans ce monde où la solitude a été ma compagne durant  ces vingts dernières années, mes chers livres et ces pages rédigées à la hâte, le matin... pour ne pas les perdre....

Suivre le courant, se laisser porter comme une feuille vers l'océan disait mon aïeul... c'est fait. j'écris cette dernière page et la laisse en évidence, là, sur mon bureau...

Je tourne la clef une dernière fois. un ultime regard dans le jardin, l'embrasure de la porte a rejoint déjà le passé alors que je m'avance vers l'avenir...vers un monde nouveau...une nouvelle naissance crépusculaire.....avec mes amis.




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