Le
lendemain matin, Richard est au rendez-vous...mais il n'est pas tout
seul. Mai l'accompagne. J'ai beau avoir une idée parfaite de la
femme, de ce qu'elle représente physiquement, j'étais loin
d'imaginer que la femme de Richard puisse être aussi magnifique.
J'en ai le souffle coupé. Pouvoir la mettre en valeur dans mes
récits, lui accorder plus d'importance au sein des aventures me
semblait nécessaire...j'étais loin de me douter....
Un
célèbre poète français a dit : Auprès d'une jolie
femme, mille désirs rendent muet, par le plaisir l'âme est remplie,
on ne sait plus ce que l'on est....
Pourtant,
j'avais suivi au cours de ma vie l'adage qui dit que les femmes ne
recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu
de belles femmes et, souvent désargenté, je m'étais tout de même
marié trois fois...avec de jolies femmes.
une
fois à l'intérieur.....Richard...
-En
sortant, j'ai abondé dans votre sens. Je me suis mis à la recherche
du passage. J'ai donc fait le chemin inverse du matin et après deux
heures d'errements, je l'ai retrouvé. Mai m'attendait tout près du
lieu de ma soudaine disparition . Nous avons discuté. Je lui ai
relaté notre entretien, exposé en quelques mots le pourquoi du
phénomène dimensionnel puis nous avons décidé de passer la porte,
ensemble.
Mai
n'arrêtait pas de passer d'un visage à l'autre, surprise par cette
similitude de traits, ce qui me gênait quelque peu lorsque son
regard s'attardait sur nos deux corpulences distinctes et plutôt en
faveur de mon visiteur.
Le
premier examen...visuel passé, nous nous sommes remis à discuter
sur l'extraordinaire similitude des aventures passées. Personne
n'ayant pu apporter pierre à l'édifice de la compréhension,
Richard et Mai me firent une proposition.
-Voulez
vous venir avec nous dans notre monde....voir à quoi il ressemble ?
S'il ne vous plaît pas, vous pourrez toujours revenir chez
vous...qu'en pensez vous ?
L'idée
était alléchante car rien ni personne ne me retenait ici.
Si,
au fur des années, j'avais perdu ce goût pimenté de l'aventure, il
refaisait surface dans cette immédiateté dont je m'étais
débarrassé dix ans auparavant....
-Pourquoi
pas ! Laisse-je entendre.
j'avais
décidé de tenter l'aventure, bousculer mes habitudes de vieux
garçon casanier et gagner ce monde que j'avais mis en lumière au
fur et à mesure des épisodes, ce monde différend du mien, ce monde
où ses personnages étaient un peu devenus mes amis, où j'avais par
intérim vécu leurs aventures dans un sommeil paradoxal qui me
semblait à la fois si réel et pourtant hors du temps....
Il
est quinze heures. Je prends quelques affaires. Je me sens à la fois
fébrile et surexcité. Rien ne me retient plus dans ce monde où la solitude a été ma compagne durant ces vingts dernières années, mes chers livres et
ces pages rédigées à la hâte, le matin... pour ne pas les
perdre....
Suivre
le courant, se laisser porter comme une feuille vers l'océan disait mon aïeul... c'est fait. j'écris cette dernière page et la laisse en évidence, là, sur mon bureau...
Je
tourne la clef une dernière fois. un ultime regard dans le jardin,
l'embrasure de la porte a rejoint déjà le passé alors que je
m'avance vers l'avenir...vers un monde nouveau...une nouvelle
naissance crépusculaire.....avec mes amis.
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