Une
fois sortis du temple, ils se séparèrent en trois groupes. Gar,
Zora et deux androïdes se dirigèrent vers le sud de la ville
occupé par les indigènes.
Khou,
Mhu et les cyborgs précédés de Nyx rejoignirent la merkes, le
centre de la place.
Accompagnés
d'Acadeus, Richard, Chris, Mai et Moon prirent le nord, longèrent
des ruelles balayées par une poussière fine qui s'élevait à
chacun de leurs pas. Bientôt, ils parvinrent jusqu'à l'enceinte
d'une maison qui se détachait du lot commun, une maison plus
imposante, celle forcément d'un dignitaire pensa Richard.
Devant
la porte, un conteur psalmodiait l'odyssée d'un dieu appelé Marduk
au milieu d'un air tiède et des clameurs des enfants qui
l'entouraient.
Ils
poussèrent la porte. Une agréable surprise les y attendait ;
la maison était fraîche, semblait confortable et nettement plus
grande qu'elle ne paraissait de l'extérieur. Ils descendirent
quelques marches et furent accueillis par deux femmes d'âge
différent dont la tenue laissait deviner leur rang de servantes.
Acadeus
prit la parole.
-Nous
désirons parler à votre maître. Nous sommes des marchands juifs de
Mascate. Nous avons fait une longue route. Nous faisons commerce de
pierres précieuses et nous souhaiterions en toute amitié lui proposer un échange.
La
plus jeune s'éclipsa, munie du message oral et se dirigea vers la cour intérieure, dallée,
incurvée en son centre par un tuyau d'écoulement. Cela permettait le
lavage à grande eau et facilitait l'évacuation des fortes ondées
orageuses. Puis, elle accéda au premier étage réservé au
propriétaire et à sa famille.
Quelques
minutes plus tard, elle revint, porteuse de la réponse. Son maître allait les recevoir.
En suivant sa frêle silhouette d'adolescente, Ils
longèrent les murs blancs du bâtiment recelant l'architecture de
briques crues et de briques cuites étagées jusqu'au linteau et liées
par un mortier d'argile. Derrière, se trouvaient les cuisines ainsi
que les pièces réservées aux communs et aux visiteurs.
Ils
traversèrent un couloir semi-obscur encombré de vases et de jarres
à demi enterrées aux odeurs particulières d'huile olive, de vin et
de blé qui remontaient en les affleurant le long de leurs habits jusqu'à leurs narines.
Derrière une tenture chamarrée, ils entrèrent dans une grande
pièce occupée par une dizaine d'enfants assis sur une natte de
roseaux tressés comme dans l'attente d'un cours enseignant. Acadeus
les salua brièvement, s'assit contre un mur d'angle et attendit. Nos
quatre amis, empêtrés dans les convenances du temps jadis, firent de même.
Ce
qui était sûr, c'est qu'ils étaient dans une école, privée et
que le propriétaire était un scribe ou un prêtre. La multitude de
tablettes, remplies d'une écriture cunéiforme, posées à même le sol le démontraient. Richard pensa
qu'ils s'étaient peut-être trompés de demeure mais l'impassible et apparent stoïcisme d'Acadeus en cet instant précis signifiait le
contraire. L'homme qu'ils étaient venus chercher était là.
Comme
pour les satisfaire, il apparut de derrière une tenture en jute,
surprenant l'ensemble du groupe. L'homme était grand, la barbe
ronde, frisottée, des cheveux noirs roulés en chignon sur la nuque,
un bandeau frontal serré encadrant un visage à l'abord sévère
mais loyal. Indubitablement, c'était un prêtre.
Richard
sourit. N'avait-il pas appris lors de ses années d'étude que les
gardiens des temples sumériens et assyriens dispensaient des cours
privés de textes religieux, d'histoire et de mathématiques ?
Bien entendu...mais c'était loin, tout ça !
Il
eut une pensée pour la Mésopotamie, Nabuchodonosor et Gilgamesh qui
lui avaient permis de terminer sa thèse sur le déluge....d'après
la Bible.
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