-on
aurait dû prendre à gauche pour Vancouver !
-je
ne crois pas Lili...nous sommes sur la bonne voie...regardes le
GPS... nous suivons toujours la 57 th avenue ...vers le nord...
-arrêtes-toi...je
vais demander à quelqu'un !
-Lili...y
a pas un chat ! Et l'itinéraire programmé est bon mais si tu
insistes, Je vais plus loin et là, on s'arrêtera. D'ailleurs, j'ai
besoin d'un remontant....un café par exemple!
C'était
toujours la même chose avec Lili...comme navigatrice, elle savait
lire un plan mais pour le mettre en application dans sa
tête...c'était autre chose. Je me suis toujours demandé si ses
hémisphères changeaient parfois de côté suivant son humeur... et
de ce fait, elle confondait droite et gauche....Mis à part ces
petits soucis directionnels, elle était douée..pas besoin de GPS en
ce qui la concernait car elle arrivait toujours à tomber pile sur la
destination finale, un peu comme un sens de l'orientation...au
radar...... allez savoir comment !
Mais
l'avenue couverte de platanes est bordée de maisons cossues ceintes
de verdure. Pas un seul coffee bar à l'horizon. Alors nous avons
continué. Un panneau indique 99...nous sommes sur la bonne route.
Lili se renfrogne, ne pipe mot.
Nous
faisons une halte, afin de nous dégourdir les jambes, à hauteur
d'un des nombreux lacs qui tapissent la région ; en regardant vers
l'est, ce n'est que pics et monts dont le sommet est encore enneigé.
Le paysage est sauvage, un peu dépouillé par la déforestation
favorisant l'aménagement routier au détriment de la nature mais
éclatant de lumière en ce milieu d'après-midi. De notre côté,
celui de la Highway, s'étend une foret de sapins à perte de vue.
Un
petit coffee nous ferait du bien me répète-je.... et nous aurions
pu avoir la chance de nous arrêter au prochain village..à condition
de ne pas avoir loupé l'embranchement...ce que j'ai fait...400
mètres plus bas.
Je
me dis qu'après tout, je suis, moi aussi, un piètre
observateur.....
Soudain,
à un détour de la 90, c'est le désert, la terre rase sur des
kilomètres...la patrie des « ventilateurs », une armée
de tripales en mouvement qui brassent l'air de leurs larges bras
métalliques....
-c'est
plutôt stérile et inesthétique comme décor.... s'écrie Lili
Comme
je suis d'accord....
Une
heure plus tard et quelques kilomètres plus loin, après avoir longé
d'immenses parcelles dénudées, travaillées et quelques lacs, nous
parvenons à l'entrée du Tunnel George Massey qui passe sous la
large rivière. Pas question d'avoir un accident sur ce tronçon à
deux voies plutôt exigu car la marge de circulation est
étroite...interdit aux claustrophobes...même si le tunnel ne fait
que 500 mètres....
Après
le passage du fleuve Fraser par le Oak Bridge, nous abordons la
banlieue de Vancouver, des kilomètres de petites maisons aux
parcelles égales et délimitées. Nous entrons dans Vancouver nord
en empruntant l'immense pont à huit voies qui enjambe Granville
island
et
sa marina et longeons les avenues Drake et Hornby.
Sur
Georgia Street, nous passons au milieu d'immenses tours aux baies
vitrées réfléchissantes qui bordent la marina de Coal Harbour et
nous dirigeons vers le nord ouest pour gagner la côte. Au sortir de
la ville, aussi loin que notre regard peut porter, nous replongeons
dans l'immensité des forets canadiennes. Vancouver a convié la
nature sauvage à sa porte. Délimitée en tronçons urbains,
enclavée dans la nature sauvage canadienne, cette ville est tout
simplement extraordinaire, une âme perdue entre la rigueur futuriste
et l'univers humain même si quelque chose de froid ressort dans sa
délimitation de rues, d'avenues rectilignes et dégagées dans
laquelle sont noyées des îlots de petites maisons individuelles,
alignées les unes à côté des autres sans petit jardinet.
-On
n'est pas sur la route de l'observatoire.... là !
C'est
la meilleure......
-Tu
ne m'as pas parlé de l'observatoire...lili !
-Tu
crois ?...ah bon !...
Elle
a oublié... En fait, il était prévu de nous rendre à Secret Cove
pour récupérer son amie canadienne qui travaille à l'observatoire
mais Lili vient de se souvenir qu'elle travaille jusqu'à 22 heures
au Dominion
donc
il était inutile de continuer vers la côte...aussi nous dirigeons
nous vers Victoria ...
-c'est
là qu'elle se trouve ! Dit-elle en posant le doigt sur son
dépliant, un point situé au milieu de nulle part, entouré d'eaux
et de terres à demi-immergées....
-Ahhhh..bravo !?
Fais-je, un peu déçu
Le
temps de rentrer les nouvelles coordonnées dans le GPS et nous voilà
repartis en marche arrière. Qu'est ce que c'est 120 kilomètres !
….une broutille...ironise-je
A
Point Robert, nous prenons le ferry qui serpente entre les îles
Galiano, Maine, Prevost, Pender... une balade d'une quarantaine de
kilomètres dans les chenaux où nous avons la chance d'apercevoir de
magnifiques orques en surface...
A
Patricia Bay. nous accostons.
En
passant devant le yatch club, j'aperçois au loin le dôme blanc
baigné par le soleil et perché sur le Mont Saanich.
Le
reste de la route se passe sans problème mais il est temps de poser
nos valises....Lili tombe de fatigue.
Je
le vois à ses yeux qui clignotent de temps en temps et qu'elle a du
mal à garder ouverts....Paradoxalement, Je la sens surexitée de
pouvoir vérifier l'authenticité des photographies que lui a fourni
son amie mais trop lasse pour pouvoir en apprécier la véracité...si
véracité il y a.
Ce
n'est pas le Mont Palomar, ni l'observatoire du Pic du Midi mais
celui de notre amie Colleen a du charme. Victoria Observatory est
beau comme un sou neuf malgré son grand âge. Éclatant de
blancheur, serti en son centre des armoiries de la couronne
britannique reconnaissable au blason tenu par un lion ceint d'une
couronne d'un côté et d'une licorne enchaînée de l'autre
côté...il en jette un maximum !
Colleen....un
petit bout de femme d'un mètre cinquante, au physique agréable et
des yeux pétillants constamment en mouvement...que c'en est presque
risible..mais ne nous moquons pas...elle a des avantages que nous
n'avons pas....la forme...par exemple !



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