mercredi 21 janvier 2015

Le moineau

Le moineau

Singulière vision ennoblie par l'instant
d'un moineau confronté aux frimas de l'hiver
ses pattes engourdies par le vent insistant
a trouvé un refuge sur mon service en verre

Niché dans une assiette, il s'ébroue lentement
me regarde souvent, encore tout tremblant
se demande pourquoi, je reste ainsi, pantois
le toisant calmement sans le chasser du doigt

il pense, ce pourrait-il, qu'un humain le garda
chez lui, sans demander quel intrus il était
laissant son frêle corps transi se réchauffer
sans qu'il le pria de le bouter au froid

Il se disait...

se pourrait-il qu'il existât sur terre
un humain amène et bienveillant
car toutes les saisons de ses ailes traversé
il n'en connu aucun, pas même au printemps
pourtant annonciateur de tendres sentiments.

Enfin, les jours passèrent
la crainte et la méfiance enfin furent oubliées
solitude et ennui pour chacun s'épargnèrent
en créatures de Dieu ensembles apprivoisées

Les mois et les années s'écoulèrent ainsi
vivant plus en sursis qu'en espérance de vie
un respect d'amitié et de fidélité.
Quand le piaf plus âgé s'en alla le premier
en me laissant tout seul, malheureux, affligé,
demandant la raison, pourquoi une entité
indulgente et sensée...
avait fait de l'oiseau un être éphémère...
 et mon coeur plus humain
 et rempli de chagrin...

Une aube de décembre,
vaincu par le grand âge,
solitaire, élyséen,
en vieil homme partis
rejoindre mon copain, mon pote, mon ami

cet oiseau, ce moineau, cet être si fragile
qu'un jour d'hiver chez moi d'émotion accueilli
réconfort mutuel d'un instant de ma vie
où l'âge, la maladie en furent...
les seuls vrais ennemis. 

C.C.Daniels 21

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