5-LE VOYAGE
Il
y a des rêves que l'on n'oublie pas et des cauchemars qui vous
laissent des souvenirs aussi cuisants qu'un shoot camphré.
Mais qu'importe, aussi loin que je puisse aller dans mon passé, la
nuit a toujours été ma compagne. J'y ai trouvé un refuge dans ma
solitude d'enfant ; aujourd'hui, ça n'a pas changé sauf que je
ne suis plus seul, j'ai Mai.
Je
la regarde ; son corps baigné de soleil s'étire doucement sous
le drap virginal.
J'effleure
ses cheveux longs et lisses ; leur couleur de jais m'émerveille
à chaque instant ; je bénis Dieu de m'avoir envoyé
cet être rempli d'une ineffable soif de vivre, cet ange du bonheur....
Que
j'aime à évoquer ces poètes d'antan qui louaient avec passion la muse de leurs rêves. Esthètes de l'éloquence, ils se
qualifiaient "apologistes de la féminité".
Comme
j'eusse aimé ces Parnassiens de jadis
et
leurs initiés d'aujourd'hui qui sont mes amis de chevet. Ils eussent
composé, mis en sa présence, quelque élégiaque diamant, un
acrostiche ciselé où l'évocation de la Femme illumine la Vérité :
-le
F
dans ce qu'il y a de Fascinant, de Finalité dans le rayonnement
qu'elle apporte chaque jour de notre vie,
-le
E
comme l'Elégance qui suit l'Envoûtement et tous ces épithètes
barbares
que
l'on s'évertue à rassembler pour mieux l'aimer et être aimé,
-le
M
comme la Mère qu'elle sera, qu'elle rêve d'incarner et qu'elle demeure
dans toute sa Munificence lorsqu'elle Materne notre « chair »,
-Malicieuse,
Machiavélique pourrait résumer le M
qui précède l'esclave que nous sommes, que nous serons pour lui
plaire,
-le
E,
terminaison sacrée, Elogieuse comme l'Erotisme qui s'en dégage et
qui nous trouble, l'Energie qu'elle déploie à nous satisfaire et
l'Enfant rassasiée que l'on prend contre soi pour la
protéger....lorsque la FEMME a tout donné...
C'est
cet ensemble de prédominances attractives qui font que l'on se sente
si faible lorsque l'émotion nous étreint sapant notre énergie et
libérant nos sentiments.
Je
tourne et retourne fébrilement dans mes mains le télégramme qu'on
vient de m'apporter et dont j'ai peine à comprendre la teneur.....
Les
yeux embués, je le lis à nouveau pour me persuader que le rêve est
encore en moi mais il n'en est rien. Mai est contre moi et me pousse
doucement....
-j'ai
faim me dit-elle. On y va ?
Subrepticement, Je
glisse le papier dans ma poche en me disant que l'avenir
va peut-être changer pour nous deux.....si la nouvelle est vraie.
-allons-y,
Mai...allons-y...allons nous restaurer, dis-je avec un demi-sourire.
Bientôt : « Saïgon »
Une belle histoire d'amour racontée d'une certaine façon, j'aime beaucoup. Puis on sent que la fin risque d'être triste avec la fin de la guerre en Indochine ou j’anticipe ?
RépondreSupprimerBonne fin de semaine, amicalement !
Bonjour cher am ChrisDaniels, Cette magnifique histoire d'amour où la Femme est sublimée à son paroxysme est envoutante et érotique comme dans le brouillard d'une fumerie d'Opium où notre réalité devient rêves et où la Femme prend toute sa place libérant nos sentiments oniriques, Mai est une fée magique orientale qui repose près de toi. Espérant que le télégramme ne rompra pas le charme de cette nuit de délices et d'ivresse où l'on croit rêver jusqu'au lever du jour...! merci pour le partage de cette si belle histoire d'amour vécue. l'ami gégouska
RépondreSupprimerune belle histoire où l'amour règne mais quel message peut contenir ce télégramme
RépondreSupprimerBonsoir,
RépondreSupprimerUne belle histoire, de très belles lignes qui me laisse à penser que la chute sera douloureuse.
Je te souhaite une très belle soirée.
Amicalement
Prima